mercredi 10 octobre 2012

Dépression : l'OMS appelle à faciliter l'accès aux traitements et à mettre fin à la stigmatisation



Plus de 350 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression ou d'un trouble mental, selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiés à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale célébrée aujourd'hui.

 

Une maladie qui frappe plus les femmes

D'après les estimations de l’OMS, la dépression est courante dans toutes les régions du monde. Une étude effectuée avec le soutien de l'OMS montre que 5 % environ des personnes ont souffert de dépression au cours de l'année écoulée. "Les femmes sont davantage prédisposées (à souffrir de dépression) que les hommes", a par ailleurs expliqué aux médias le directeur du département Santé mentale et abus de substances psychoactives auprès de l'OMS, le Dr Shekhar Saxena. Ainsi, explique-t-il, le nombre de femmes atteintes de dépression est 50 % plus élevé que celui des hommes. Cette plus forte prévalence chez les femmes s'explique notamment par la dépression postnatale qui affecte jusqu'à une accouchée sur cinq.

Cette maladie est aujourd'hui une cause d'absentéisme important. D'après une enquête réalisée en Europe par l'Association européenne contre la dépression, une personne active sur dix s'est absentée de son travail à cause d'une dépression. Cela équivaut à plus de 21 000 jours de travail perdus. Cependant, malgré l'ampleur de ce problème, près d'un directeur sur trois affirme ne recevoir aucun soutien officiel ni aucune ressource pour prendre en charge les employés dépressifs, tandis que 43 % appellent à une amélioration des politiques et de la législation pour protéger ces employés. Selon Vincenzo Costigliola, président de l'Association européenne contre la dépression : "Les résultats de l'enquête IDEA montrent qu'il reste beaucoup à faire en matière de sensibilisation et de soutien aux employeurs et aux employés en vue de reconnaître et de gérer la dépression sur le lieu de travail. Nous demandons aux responsables politiques de prendre en compte l'impact de la dépression sur la main-d’œuvre et les chargeons de relever les défis que constituent la dépression ainsi que la sécurité des travailleurs et du lieu de travail".

La dépression n'est pas une fatalité

La dépression, selon l'OMS, se distingue des changements d'humeur ordinaires. Elle se manifeste par un sentiment de tristesse qui dure pendant au moins deux semaines et qui empêche d'avoir une vie normale. Elle résulte de l'interaction de facteurs sociaux, psychologiques et biologiques. Elle est parfois en lien avec la santé physique, une maladie cardiovasculaire pouvant par exemple provoquer une dépression. En outre, des circonstances particulières – difficultés économiques, chômage, catastrophes et conflits – peuvent augmenter le risque de dépression.

Sous sa forme la plus grave, la dépression peut mener au suicide. Près d'un million de personnes de suicident chaque année et une grande proportion d’entre elles souffrent de dépression. Plus de 50 % des personnes qui ont réussi à se suicider souffraient de dépression, selon M. Saxena, qui précise par ailleurs que plus le pays est développé, plus cette incidence augmente.


Dépression : osez en parler !

A cause du caractère honteux que revêt encore souvent la dépression, beaucoup de déprimés n'admettent pas qu'ils sont malades. En outre, explique le responsable de l'OMS, la dépression est souvent mal diagnostiquée chez les jeunes et même chez les très jeunes. La première étape consiste à admettre la dépression et à chercher de l'aide, souligne l'OMS qui précise dans un communiqué que "plus le traitement est mis en route de bonne heure, plus il est efficace". Ces traitements sont d'ordres psychosocial et pharmacologique. Par ailleurs, "la participation active des personnes déprimées et de leurs proches au traitement est essentielle", note l'OMS. "Il existe des traitements très efficaces contre la dépression. Malheureusement, moins de la moitié des personnes déprimées reçoivent les soins dont elles ont besoin. Ce chiffre est même inférieur à 10 % dans beaucoup de pays", commente le Dr Shekhar Saxena.

Sources : AFP

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